Filière canne à sucre de Guadeloupe : protéger la production locale, renforcer la valeur

La signature de l’accord de libre-échange UE–Mercosur, le 17 janvier dernier remet en lumière une réalité que la filière canne à sucre de Guadeloupe connaît bien : la compétitivité internationale ne se joue pas à armes égales.

L’ouverture accrue du marché européen à des volumes massifs de sucre de canne sud-américain, produit à des coûts bien inférieurs, fait peser un risque concret : pression sur les prix, fragilisation des revenus des planteurs, et déséquilibre de l’ensemble de la chaîne.

Un écosystème local solide… mais exposé

En Guadeloupe, la canne à sucre repose sur un tissu de centaines de producteurs, des savoir-faire agricoles et industriels, et une organisation structurée construite sur le temps long. C’est une filière qui fait vivre des femmes et des hommes, des territoires, et une économie locale.

 

 

Dans cet ensemble, au Moule l’usine Gardel, joue un rôle central : elle transforme la canne de nombreux planteurs et constitue un pilier industriel de la filière. Son directeur, Nicolas Philippot, rappelle un point essentiel : la concurrence qui s’annonce risque de tirer les prix vers le bas, sans que les producteurs locaux puissent s’aligner, car les coûts, normes et exigences ne sont pas comparables.

Un levier important : la différenciation par la valeur

Un signal encourageant ressort toutefois : les sucres spéciaux, à plus forte valeur ajoutée, ne sont pas inclus dans l’ouverture des quotas. C’est un enjeu stratégique pour la Guadeloupe (et d’autres territoires), car il confirme une voie possible : monter en gamme, sécuriser des segments différenciants, consolider la valeur plutôt que subir une compétition uniquement fondée sur le prix.

Le rôle clé de l’AFCAS : fédérer, structurer, porter la voix de la filière

Dans ce contexte, l’action collective est décisive. C’est précisément la mission de l’AFCAS : promouvoir, en France métropolitaine et dans l’espace francophone, les connaissances scientifiques, techniques et économiques liées à la canne, à son industrie et à ses dérivés.

Les échanges entre acteurs, la diffusion de connaissances, l’appui à l’innovation agronomique et industrielle : ces leviers renforcent la filière, et permettent de mieux défendre ses réalités dans le débat public.

L’implication de Nicolas Philippot, membre du bureau de l’AFCAS, et l’engagement de Gardel, membre sponsor, illustrent une dynamique essentielle : une filière qui se mobilise, investit et construit des réponses collectives pour préserver et développer la production locale.

Aujourd’hui plus que jamais, soutenir la canne guadeloupéenne, c’est soutenir des emplois, des savoir-faire, une économie locale et une souveraineté productive. Face à la pression internationale, la meilleure réponse reste une filière unie, structurée, et tournée vers la création de valeur.

Retrouvez l’article complet et la prise de parole de Nicolas Philippot, ici : Filière canne-sucre de Guadeloupe : la menace du traité de libre-échange UE-Mercosur