Xavier Lamblin, Regional Sales Manager chez Fives FCB

Acteur incontournable de l’ingénierie industrielle, Fives FCB accompagne depuis des décennies les industriels du sucre à travers le monde. Pour ce nouvel épisode de notre série « À la rencontre de… », nous avons échangé avec Xavier Lamblin, Regional Sales Manager au sein de l’entreprise, spécialisé dans la filière sucre.

Entre innovation technologique, compétitivité industrielle et avenir de la filière canne, il partage avec nous son parcours, sa vision du marché, et son engagement auprès de l’AFCAS.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?

Je travaille chez Fives FCB, une entreprise implantée à Lille, très ancrée dans l’histoire industrielle française. Fives est une société qui a participé à des projets emblématiques comme les ascenseurs de la Tour Eiffel ou encore le pont Alexandre III.

Pour ma part, je suis arrivé chez Fives en 2002, dans l’activité sucre. Je suis ingénieur mécanique de formation et j’ai rapidement évolué vers un poste orienté commerce et développement.

Aujourd’hui, je travaille en lien direct avec les équipes avant-projets. Mon rôle est un peu celui d’un chef d’orchestre : je pilote les affaires en fonction du cahier des charges du client, avec une part importante de mise au point technique et de coordination.

Fives intervient dans le monde entier, et c’est ce qui rend le métier passionnant : le secteur est vaste, international, et très diversifié.

Quel est votre rôle actuel au sein de votre entreprise ?

En tant que Regional Sales Manager, j’accompagne les clients sur leurs projets, dès les phases amont. Cela implique de bien comprendre leurs besoins industriels, de définir les objectifs et d’apporter des solutions techniques cohérentes et performantes.

Je travaille donc à la fois sur la relation commerciale, mais aussi sur l’approche technique, en lien étroit avec les équipes internes. Chaque projet est différent, chaque usine a ses contraintes, et c’est ce qui demande une forte implication.

Pouvez-vous nous présenter Fives FCB et les solutions que vous développez pour la filière sucrière ?

Fives FCB conçoit et fournit des équipements pour l’industrie sucrière (betterave, canne à sucre et raffinerie de sucre), depuis l’entrée de la betterave ou de la canne dans l’usine jusqu’aux étapes finales de production.

Concrètement, pour la filière canne à sucre nous couvrons toute la chaîne industrielle :

  • le broyage de la canne et l’extraction du jus de canne avec le Shredder, les MillMax™ ou le diffuseur de canne,
  • la clarification du jus,
  • l’évaporation avec les évaporateurs à flot tombant,
  • la cristallisation avec notamment les appareils à cuisson continue et les centrifugeuses, qui permettent de séparer la partie liquide des cristaux,
  • jusqu’au séchage du sucre avec le sécheur Multitube.

C’est une activité très complète, avec des équipements variés et une expertise historique. Le marché du groupe Fives a été historiquement orienté canne à sucre, très rapidement après les développements liés à la betterave.

À l’échelle de l’entité Fives FCB, les deux grandes activités sont le ciment et le sucre. Et au niveau du groupe Fives dans son ensemble, le périmètre est encore plus large car le groupe est extrêmement diversifié.

Pouvez-vous partager un projet ou une innovation récente dont vous êtes particulièrement fier ?

L’innovation est au cœur de notre activité. Nous innovons régulièrement, en nous appuyant sur les retours terrain et sur les besoins exprimés par nos clients.

Entre 2005 et 2015, nous avons connu un fort cycle d’innovation. Nous avons par exemple mis sur le marché un nouveau moulin : le MillMax™, ainsi que des évolutions importantes sur des équipements comme les évaporateurs à flot tombant adaptés au jus de canne à sucre et une nouvelle génération de centrifugeuses discontinues nommées Zuka™ et de pompes à Masse Cuite Sumo™.

Nous avons également plus récemment amélioré nos concepts d’essoreuses, notamment avec le développement d’une nouvelle essoreuse continue e-Crystal™, et une évolution de notre essoreuse discontinue D412evo™.

Notre démarche est simple : nous écoutons nos clients, nous identifions leurs problématiques industrielles et nous faisons évoluer nos produits en conséquence.

Nous travaillons aussi beaucoup à adapter des technologies historiquement développées pour la betterave afin de les optimiser pour la canne. Il y a donc une dynamique continue de mises à jour et d’amélioration.

Selon vous, quels sont les défis technologiques ou industriels majeurs de la filière canne à sucre aujourd’hui ?

Le principal défi, selon moi, c’est la compétitivité. Le marché mondial du sucre est aujourd’hui en situation de surplus, ce qui maintient les prix à un niveau relativement bas.

Cela oblige les industriels à être extrêmement rentables et compétitifs. Et pour cela, il est nécessaire d’investir dans du matériel plus efficient, mais aussi dans l’automatisation.

Nous travaillons d’ailleurs beaucoup en amont avec nos clients pour définir les orientations industrielles : comment optimiser l’outil de production ? comment moderniser une usine ? comment obtenir des investissements rapidement rentabilisés ?

Sur certains projets, nos ingénieurs peuvent produire des rapports extrêmement détaillés, afin d’apporter une vision structurée et exploitable aux clients.

Enfin, l’intégration de l’intelligence artificielle est un sujet incontournable. Ce n’est pas encore généralisé partout, mais cela fait partie de l’avenir. Il va falloir apprendre à intégrer ces outils intelligemment dans les process industriels. Il faut vivre avec son temps.

Quel est votre rôle ou votre implication au sein de l’AFCAS ?

Nous sommes très attachés à l’échange et à la communication autour de nos équipements. Chez Fives, nous cherchons à améliorer nos solutions en continu et nous aimons partager ces évolutions. Être membre de l’AFCAS est donc très cohérent : cela nous permet de faire connaître nos produits, de communiquer sur nos innovations, mais aussi d’avancer en lien avec les besoins des industriels.

Je suis membre depuis longtemps. J’ai rejoint l’association dès mon arrivée chez Fives, en décembre 2002. C’est d’ailleurs un ancien collègue qui m’avait présenté l’AFCAS lors d’un événement à la Vieille Bourse.

Je travaille aussi régulièrement avec Laurence Cégel, membre du bureau de l’AFCAS.

Que pensez-vous de la relance de l’AFCAS ?

Je trouve cette relance très positive. Il existe peu de moments d’échange francophones dans la filière. Lorsque l’AFCAS est entrée en veille il n’y avait plus vraiment de cadre d’échange. Ce manque se faisait ressentir.

Le fait que l’association revienne est donc essentiel. Échanger est toujours profitable, et je soutiens pleinement cette nouvelle dynamique.

Je pense aussi qu’il est important de travailler sur des thématiques bien identifiées, préparées en amont, en sélectionnant des sujets à la fois agricoles et industriels. C’est ce qui rend les discussions pertinentes et utiles pour tous.

L’AFCAS a un vrai atout : son format francophone, et ce lien direct entre acteurs.

Selon vous, quel rôle l’AFCAS joue-t-elle pour soutenir et promouvoir la filière sucrière ?

Pour moi, le rôle principal de l’AFCAS, c’est de favoriser la communication et l’échange.

Beaucoup de pays francophones sont isolés : les Antilles, La Réunion, certains pays d’Afrique… Ce sont des territoires où les acteurs ont peu d’occasions d’échanger sur leurs problématiques et leurs bonnes pratiques.

Or ces moments de partage, qu’ils soient agricoles ou industriels, valent de l’or.

La force de l’AFCAS, c’est aussi qu’il y a une concurrence, bien sûr, mais souvent moins marquée que dans d’autres contextes. Cela permet des échanges plus ouverts, plus concrets, plus constructifs.

Enfin, je trouve très important de continuer à mettre en avant les jeunes talents, notamment à travers le prix de l’innovation. C’est une excellente initiative, qu’il faut conserver.

Un dernier mot ?

L’AFCAS doit continuer sur cette dynamique. La filière a besoin de ces espaces d’échange, de réflexion et de mise en commun des bonnes pratiques. C’est utile, stimulant et structurant pour l’ensemble des acteurs.